11.11.2007

Vélo?

Le baril de pétrole flambe, le prix de l’essence s’envole ? Pas de problème roulez à vélo. C’est en substance le message que distille Christine Lagarde, la ministre de l’Economie et des Finances.

 

http://www.20minutes.fr/article/192168/Economie-L-essence-est-trop-chere-Roulez-a-velo-repond-Christine-Lagarde.php

31.07.2007

Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE)

JNE : En tout état de cause, « travailler plus pour gagner plus »,
n'entraîne-t-il pas « consommer plus »?



P.V. : consommer plus est un problème pour ceux qui vivent déjà dans
l'excès, mais pour 3 milliards de personnes, c'est l'inverse ! En outre
il y a un lien direct entre la surconsommation, constatée d'un côté, et
la sous-consommation, subie de l'autre, comme l'a fort bien montré le
Rapport mondial sur le développement humain , réalisé dans le cadre du
programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en 1998.

Les auteurs de ce document avaient évalué qu'à l'époque, on pouvait
éradiquer la faim dans le monde et permettre à tous les humains d'avoir
accès à l'eau potable comme aux soins de base de façon accessible : il
aurait suffi d'ajouter 40 milliards de dollars annuels aux financements
publics investis à l'échelon international pour l'aide au développement,
au titre de l'aide publique. Ces spécialistes relevaient également qu'au
même moment, les dépenses mondiales de publicité s'élevaient à 400
milliards de dollars annuels (montant passé à 700 milliards, en 2007 !).

Loin d'être « de circonstances », le rapprochement des deux chiffres est
tout à fait pertinent, car les désirs fondamentaux sont du côté de
l'être, et la publicité les dérive du côté de l'avoir. Que fait-elle, en
effet, sinon associer la possession d'un produit à de la beauté, de la
sérénité, de la paix, du bonheur… bref toujours à des états positifs,
dans le registre de l'essentiel ?

Par ce transfert de ce qui est de l'ordre de l'être dans l'ordre de
l'avoir, on crée de la rivalité, et ceux qui sont victimes de ce leurre
combattent leur angoisse de mort par la recherche de plus en plus de
richesses, dans une sorte de cercle vicieux. Après une brève
satisfaction, ils retombent dans leur mal-être, et entrent fatalement
dans un processus d'addiction.



JNE : Que faut-il mettre en place, selon vous, pour sortir du
déséquilibre entre une consommation addictive pour certains, et une
sous-consommation subie, pour d'autres ?



P.V. : Le même rapport du PNUD s'est intéressé aux budget mondial des
stupéfiants -qu'il avait établi à 400 milliards de dollars- et au budget
de l'armement, soit 800 milliards de dollars à l'époque. Il en avait
conclu qu'avec moins de 10 % du montant totalisé en ajoutant ces deux
sommes à celle de la publicité, on aurait pu satisfaire l'intégralité
des besoins fondamentaux encore inassouvis sur la planète.

Or i l y a une correspondance directe entre le budget des stupéfiants et
celui de la publicité, d'un côté, et la problématique du mal être, de
l'autre, de même qu'entre le budget de l'armement et la problématique de
la maltraitance.

Tout cela nous montre qu'il nous faut ce qu'Edgar Morin appelle de «
l'anthropolitique » (de anthropos : l'être humain) ou encore, dit
autrement, que la question du sens doit être considérée comme un enjeu
structurel et politique.

Jamais le meilleur programme écologique ne fonctionnera, si l'on ne met
pas en place les conditions d'une « sobriété heureuse », comme dirait
Pierre Rabhi. Pour prendre une image, si vous demandez à un toxicomane
de suivre une cure de sevrage, mais que vous ne lui proposez pas
parallèlement du mieux être, il préfèrera à coup sûr son addiction !

 

http://www.jne-asso.org/petit_dejeuner.html